La différence entre un accompagnement et une psychothérapie, c’est quoi ?

Tout faire ? Nous le pouvons, aujourd’hui, grâce à nos mères et grand-mères qui ont lutté pour nos droits. Et non seulement nous le pouvons, mais nous le voulons : être une mère exemplaire pour nos petits, une épouse inspirante pour nos maris, une brillante business-woman, une femme… accomplie.
Et alors comment en sommes-nous arrivées à hurler sur nos enfants, à nous disputer avec notre mari, à nous sentir nulle au boulot, et à nous auto-flageller en plus pour tout ça ?

Souvent, nous avons évolué, notre situation a changé, sans que nous ne nous y adaptions vraiment. Comme si, alors que nous avions quitté la piste pour évoluer dans la montagne, nous nous retrouvions, pour faire du ski de randonnée, toujours équipée de nos bons vieux skis de piste… Dépassées par l’ampleur de la tâche, épuisées, nous nous sentons dé-centrées, ce qui génère une perte de confiance en nous parfois tellement forte que certaines d’entre nous, armées de courage, se disent : « ça ne peut plus durer comme ça, j’ai besoin d’aide ».

Oui mais qui peut m’aider ? mon mari ? ma mère ? un psychothérapeute ? un coach ? et quel type de résultat puis-je en attendre ?

La psychothérapie a pour objectif une forme de « soin », de « guérison » d’une profonde difficulté à vivre qui prend racine dans nos fondations et provoque une souffrance morale importante. Grâce à une relation dite de transfert entre le psychothérapeute et moi, qui permet de travailler sur le passé et les émotions, je vais comprendre comment je me suis construite de cette façon. Ce nouveau regard va m’aider pour partie à me libérer de mon passé, et à vivre avec le plus sereinement possible pour le reste.

L’accompagnement, lui, vise à effectuer des « réajustements » concrets dans la vie de chacune. Comment ? en s’appuyant sur une alliance avec le professionnel qui va chercher à provoquer une prise de conscience des enjeux de la situation que je vis, et m’aider à mobiliser les moyens adéquats pour effectuer des adaptations concrètes et passer d’une situation bloquée à une situation plus fluide.

A chacune sa solution. Si l’angoisse est trop grande, ou si la situation actuelle fait grandement écho pour vous à des douleurs d’enfance que vous sentez toujours vives, alors la psychothérapie semble plus indiquée.

Lorsque j’intervenais en tant que psychothérapeute, une patiente était arrivée dans mon cabinet en me disant « je suis diabétique. Je viens vous voir car je ne supporte pas mon traitement, ça me pourrit la vie ». Laura est venue une fois par semaine pendant 3 ans. Au fil des séances, elle a, en travaillant ses émotions, sa colère, sa frustration, compris qu’elle se laissait malmener par les personnes de sa famille comme elle avait été malmenée, enfant, par ses parents et rabaissée par sa sœur aînée. Cette façon d’être en relations s’était installée et avait perduré jusqu’à ce jour où elle avait poussé la porte de mon cabinet, souffrant trop pour continuer à vivre. Laura a compris peu à peu que ce qu’elle ne supportait pas, c’était non pas son traitement médicamenteux pour le diabète, mais le traitement que les autres lui infligeaient, et qu’elle laissait faire ! Au bout de trois ans de ces séances, elle a pu peu à peu se repositionner, apprendre à se respecter et à se faire respecter jusqu’à pouvoir vivre sans plus avoir besoin de nos séances pour avancer. Il y avait bien là un besoin  de « guérison ».

Si votre malaise actuel, aussi gênant soit-il, ne semble pas raviver de telles problématiques, alors peut-être qu’un accompagnement serait plus adapté pour vous sentir à nouveau à votre place.

Flore, que j’accompagne actuellement, qui a un enfant de 3 ans, découvre que si elle aime être avec son fils, elle éprouve de l’ennui à jouer avec lui. Elle se sent coupable. L’accompagnement lui a permis d’accepter que sa maternité s’exprime différemment de la norme qu’elle s’était imposée, et que ce n’est en aucun cas une « faute ». Elle a troqué les moments de « jeu forcé » contre de longues promenades avec son fils, qui comblent son besoin de se faire plaisir à elle aussi en marchant, offrant ainsi à son fils un moment de joie partagé.

Caroline, qui réalise pendant l’accompagnement combien elle néglige son corps, et ce que ça lui coûte en stress (elle a toujours mal quelque part), trouve en une séance comment caser dans sa journée 15 mn d’étirements faciles et agréables à réaliser, et de façon à ce qu’ils s’intègrent à ses contraintes quotidiennes. Depuis, elle dit qu’elle aborde ses journées beaucoup plus sereinement et que tout son entourage le ressent.

Céline résume les choses en disant « le travail d’accompagnement m’a permis de faire le point sur qui je suis devenue et de quoi j’ai vraiment besoin pour me sentir épanouie. Je l’avais oublié, je m’étais oubliée. »

Se sentir à sa place dans tous les domaines de sa vie n’est pas devenir wonder woman. C’est vivre une vie qui nous ressemble, dans laquelle nous nous sentions bien, respectée dans ce qu’on a, chacune, de spécifique. C’est se sentir en phase avec nos besoins et nos valeurs. C’est apprendre à se connaître, à s’accepter, à s’aimer comme on est. Entreprendre un travail de psychothérapie ou  d’accompagnement, selon son besoin, c’est se mettre en mouvement, remettre de la vie dans ce qui est figé,  remettre du sens et du plaisir dans la vie au quotidien.

Et s’offrir la possibilité de passer à l’étape suivante : faire rayonner ce que vous êtes pour le bénéfice de tous !

Valérie de Minvielle

Psychologue

est psychologue clinicienne et art-thérapeute. Elle a travaillé pendant 20 ans auprès d’adultes et d’adolescents dans le monde judiciaire, médical et de la formation. En 2015 elle fonde majusteplace.com, et dédie son activité aux Wonder-women épuisées. Avec une méthode originale, elle les aide à la fois à renouer avec qui elles sont, et à réaménager concrètement leur vie de femme, épouse et mère pour retrouver plaisir et sens au quotidien . Elle travaille par Skype et aide des femmes dans toute la France et en Europe.

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