Ce qui se passe dans le cabinet d’une conseillère conjugale et familiale

Un article écrit par Hélène Dumont et Isabelle Boussant-Roux

 

Le couple est un espace où se trament nos amours et désamours, le désir de sécurité et celui surprise ; nous voulons appartenir à un groupe, tout en ayant soif de liberté. Nos contradictions, nos espoirs et nos certitudes ne cessent de se croiser avec ceux de l’autre. Le couple révèle autant qu’il exaspère. Nous y plongeons à cœur perdu tant nous avons besoin d’aimer, d’être aimé et de croire qu’il est possible de construire une histoire heureuse.

Nous sommes Hélène et Isabelle, formées au conseil conjugal et familial et en thérapie sexuelle. Notre histoire est un maillage entre l’amitié et notre métier. Nous nous sommes rencontrées en 2014, et l’idée de travailler ensemble est venue assez vite. Portées par la volonté d’associer nos parcours, nos compétences et nos valeurs, nous fondons en 2015 le cabinet « Conseil Conjugal et Parentalité » : deux personnalités, deux lieux d’exercice mais l’évidence d’un travail commun.

Cette association est une vraie richesse tant au niveau professionnel que humain :

  • Elle assure une dynamique formée de questionnements, de supervisions, de formations continues et de projets stimulants !
  • Elle nous maintient dans une expérience pétrie d’encouragement et de soutien.
  • Elle nous pousse à faire connaître le conseil conjugal et la thérapie sexuelle, via les réseaux, la radio, l’écriture.

Notre mission est d’accompagner ceux et celles qui interrogent le sens d’une vie à deux, qui traversent une période de difficulté ou de remise en question conjugale, relationnelle, affective ou sexuelle.

 

Le conseil conjugal et familial existe officiellement depuis 1967, mais il reste encore mal connu ou souvent confondu : psychothérapeute, coach de vie, love coach, psychologue, médiateur … Et il n’est pas rare que l’on nous demande si nous sommes formées !

Alors, formées ? Oui, nous le sommes : selon des organismes agréés par l’État, répondant à une liste de compétences validées par le ministère des affaires sociales. Cette formation professionnelle est qualifiante.

L’appellation de « conseiller » n’est pas tout à fait exacte, elle vient de l’anglais « counselling », qui signifie « tenir conseil ». Si nous pouvons être amenées à donner des conseils, ce n’est pourtant pas le cœur de notre métier.

Disons, à la suite d’Albert Moyne, conseiller conjugal émérite, que « tenir conseil, c’est faire réfléchir, réfléchir ensemble, essayer de recueillir le sens profond de ce que vivent les personnes, de ce que vit le coupleMême si cela n’empêche pas parfois de donner une information, d’apporter un éclairage, de suggérer, d’éduquer en humanité ».

Les personnes que nous recevons viennent seules ou en couple. Dans notre cabinet, que ce soit en présentiel ou par Skype, nous leurs offrons un espace de réflexion sécurisant où chacun pourra se sentir à sa place, avec la possibilité d’être entendu et compris différemment.

Grâce à la parole, parfois l’écriture, des outils psycho-corporels, des exercices de respiration ou de visualisation élaborés ensemble, nous aidons les personnes et les couples à appréhender la situation avec plus de recul et de confiance.

D’une certaine façon, ce sont les couples qui nous invitent dans leur intimité pour que nous puissions les éveiller à leurs propres ressources et réactiver leur créativité :

  • Décoder les mécanismes de replis et de protection dus aux peurs
  • Encourager l’ouverture, la patience
  • Se demander si la contrainte liée à la vie de couple peut devenir un espace de liberté

 Les solutions ne sont pas les nôtres, chacun est responsable du pas qu’il pose.

La formation en thérapie sexuelle est venue enrichir notre écoute et notre palette d’outils. La relation conjugale et affective ne peut se dissocier de la sexualité. C’est une composante essentielle de l’histoire de chaque personne et du couple. La sexualité régénère,  autant qu’elle mobilise souffrances et reproches.

C’est ainsi que nous sommes amenées à travailler avec des femmes qui interrogent leur manque de désir, de plaisir, les douleurs ou les difficultés liées à la pénétration (…) ; et que nous recevons des hommes qui désinvestissent la sexualité, qui rencontrent des  dysfonctionnements érectiles ou éjaculatoires. Les entretiens servent également à déposer des angoisses ou permettent d’évoquer des images mentales devenues envahissantes. Au fur et à mesure, nous vous aidons à retrouver la confiance et la joie d’une sexualité épanouie.

Si nous détenons des compétences de conseil conjugal et familial et de thérapie sexuelle, les troubles révèlent parfois des blessures plus profondes et des problématiques de santé hors de notre champ d’expertise. C’est pourquoi nous travaillons avec un réseau de professionnels (psychologues, psychiatres, urologues, gynécologues, médecins …) avec qui nous pouvons être amenées à combiner nos accompagnements.

La bonne nouvelle c’est que les personnes n’ont plus envie de faire semblant. Elles ont davantage besoin d’être authentiques et congruentes envers elles-mêmes et envers l’autre. Désir, amour et attachement ne sont pas toujours synchronisés. Ils témoignent de la vitalité et du mouvement perpétuel du couple, et l’invitent à se dépasser pour maintenir un élan de vie.

Comme le disait André Malraux, « Le couple est la dernière grande aventure du monde moderne », oseriez-vous la tenter ?

2 réflexions sur “Ce qui se passe dans le cabinet d’une conseillère conjugale et familiale

  1. Dubois dejean anne dit :

    Merci pour ce bel article qu’avec votre blanc-seing je souhaiterais partager sur la page de l’Anccef dont j’anime les pages de réseaux sociaux .
    Vous parlez très justement de notre métier et en rappelez parfaitement des compétences et limites .
    Anne Dubois Dejean ( CCF , sexologue et vp de l’Anccef)

    • Valérie de Minvielle dit :

      Merci à vous Anne ! Oui, bien sûr pour le partager – avec joie même ! Ce sont Hélène Dumont et Isabelle Boussant-Roux, toutes deux CCF, qui parlent elles-mêmes de leur activité dans cet article. Merci de votre message, à bientôt !

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