J’ai toujours la liberté de choix

« J’ai toujours la liberté de choix » – un article écrit pour les Fabuleuses au Foyer :

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Qu'avez-vous fait comme choix aujourd’hui ? Pour quels sujets de votre vie vous laissez-vous guider par les choix des autres ? Ceux qu’ils font pour vous, ou ceux qu’ils font pour eux-mêmes ? Choisir pour soi, choisir en fonction des autres, ne pas choisir : tout cela parle de choix !

 

J’ai toujours la liberté de choix.

Même quand je n’ai plus de liberté de mouvement. L’hiver dernier, pendant le confinement, le monde presque entier s’est vu obligé de rester chez soi, dans un même endroit, en limitant ses déplacements et les contacts avec les autres. L’histoire désormais se répète puisque nous sommes à nouveau confinés.

Ce que j’ai vécu comme une atteinte à ma liberté comportait tout de même de quoi continuer à choisir ma vie. Comment occuper mon temps, comment instruire mes enfants, comment communiquer avec leurs professeurs, quelles habitudes changer pour que ce confinement soit vivable. Nelson Mandela, même depuis sa minuscule cellule de prison, a fait le choix de préserver sa santé mentale et physique en s’astreignant à plusieurs heures de gym par jour.

Quand je vivais au Mozambique, le marché n’offrait guère de choix : un stand de pommes de terres, un stand d’oignons, un stand de tomates et le pêcheur qui vendait ses poissons. Moi qui aime le changement, j’ai découvert une variété étonnante de plats possible : le poulpe à la tomate, le mérou avec purée de pommes de terre aux oignons, le barracuda avec salade de tomates-oignons. Un jour le vendeur de pommes de terre n’est pas là ? Alors j’accompagnerai mon poisson d’une confiture d’oignons, avec du manioc offert par le voisin.

 

J’ai l’impression qu’on m’enlève un peu de ma liberté ?

Beaucoup de choix s’offrent à moi : je peux me battre pour la récupérer. Je peux accepter cette restriction en me sentant victime, et en me rétractant moi-même. Je peux créer un nouveau chemin de liberté, dans ce cadre plus serré. Mon grand-père, quand il a été fait prisonnier pendant la guerre, recevait une page de papier journal en guise de papier toilette. Il a choisi, avec quelques co-détenus, de garder ce papier journal et de le découper pour en faire un jeu de cartes.

 

Mon espace me semble restreint ?

À moi de choisir de l’agrandir. En modifiant mon état d’esprit. En me demandant ce que je veux vivre. Pour quoi j’ai fait mes choix jusque là. Dans quelle direction j’ai envie d’aller. Et incarner moi-même, jusque dans la façon dont je vis chacun de mes choix, ce à quoi j’aspire.

En ce qui me concerne, une de mes valeurs fortes est la simplicité. Je veux vivre la simplicité dans mes relations, dans mon emploi du temps, dans ma vie professionnelle. Quand j’étais jeune mère, j’ai été surprise de cette déferlante de propositions matérielles qui a accompagné la venue au monde de mon premier enfant : il me fallait acquérir une poussette, un porte bébé, une coque pour la voiture, un transat pour la maison, un baby-cook pour la cuisine, une table à langer, un coussin en plastique pour la table à langer, une baignoire spécifique et j’en passe. Mes parents ont généreusement offert une poussette que nous avons choisie multi-fonctions (poussette et coque voiture). Et pour le reste, je n’ai rien voulu acheter. La commode, recouverte d’un petit matelas de serviettes éponge fait maison, a servi de table à langer pour nos trois enfants, ils ont mangé des purées que je faisais dans mes casseroles pour eux comme pour nous, et j’ai aimé les laver dans la baignoire familiale, en adaptant le niveau d’eau et leur position selon les âges.

 

Ce qui m’a convaincue ?

Mes voyages sans doute, où j’ai vu tant de mères, en Afrique et en Asie, soigner leurs enfants avec trois fois rien. Et cette valeur « simplicité » qui fait que même si mes casseroles cuisent moins vite ou moins bien que le « baby-cook », je me réjouis de pouvoir tout faire avec sans m’encombrer de matériel supplémentaire. Ce qui ne m’empêche pas d’entendre que d’autres apprécient ce que cet ustensile leur apporte.

Une de mes clientes a raconté son choix d’accoucher sans péridurale, à la maison. Une autre, qui n’a pas senti les contractions arriver, a accouché chez elle avec, au lieu d’un mari ému à son chevet, trois pompiers concentrés. Une autre encore a tenu à se rendre dans une maternité accolée à un service pédiatrique au cas où le nouveau-né ait besoin de soins d’urgence.

Chacune choisit en fonction de son histoire, de son niveau de confiance ou d’anxiété, du contexte dans lequel elle vit, de ses valeurs. Je peux être convaincue que le lait maternel est favorable à la bonne santé de mon fils, et en même temps faire le choix du biberon car je me sens trop fatiguée pour allaiter. Je peux être persuadée que l’instruction en famille est bénéfique pour mes enfants, et en même temps faire le choix de les remettre à l’école afin de lancer mon activité professionnelle.

 

Si je fais un choix pour moi, pourquoi ce choix devrait convenir à toutes ?

Certaines ont besoin de choisir, d’autres aiment se ranger à l’avis de figures influentes. Certaines choisissent « par défaut ». D’autres pensent n’avoir pas de choix.

Je craque pour un copain de mon conjoint ? C’est une attirance qui me tombe dessus et m’oblige à faire un choix. Quitter mon conjoint ? Rompre les liens avec cet ami ? Ou vivre avec ce sentiment honteux en souhaitant l’oublier. La posture de victime donne naissance à deux réactions possibles : la révolte ou la résignation. Que je choisisse la révolte ou la résignation, il est possible que j’en ressente une grande fatigue. Car je continuerai de subir ma vie.

Je peux céder à mon désir et m’en ouvrir au copain en question ainsi qu’à mon conjoint. Je peux en parler à un conseiller. Je peux me questionner sur ce désir qui émerge, et ce qu’il dit de ma vie en ce moment. Je peux surfer sur cette attirance pour renouveler – voire pimenter – mon engagement et ma vie sexuelle avec mon conjoint.

Je ne choisis peut-être pas consciemment tout ce qui m’arrive.

 

Mais je peux choisir ce que je fais de ce qui m’arrive.

  • J’ai tendance à juger les autres ? Qu’en est-il de mes valeurs de vie ? Et si je décidais de repérer toutes les fois où je me juge moi-même ?
  • Je me sens souvent jugée ? Et si je choisissais de vivre plus encore mes valeurs de vie ? Et si j’arrêtais de me juger en permanence moi-même ?

 

J’aime me poser cette question :

en tant qu’adulte qui a le pouvoir de choisir sa vie à chaque instant, comment ai-je envie de vivre la part de liberté que j’ai dans telle situation ?

est psychologue clinicienne et art-thérapeute. Elle a travaillé pendant 20 ans auprès d’adultes et d’adolescents dans le monde judiciaire, médical et de la formation. En 2015 elle fonde majusteplace.com, et dédie son activité aux Wonder-women épuisées. Avec une méthode originale, elle les aide à la fois à renouer avec qui elles sont, et à réaménager concrètement leur vie de femme, épouse et mère pour retrouver plaisir et sens au quotidien . Elle travaille par Skype et aide des femmes dans toute la France et en Europe.

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