Je ne progresse pas autant que les autres

« Je ne progresse pas autant que les autres » – un article écrit pour les Fabuleuses au Foyer :

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Pauline a choisi d’être accompagnée pendant trois mois. Lors de la dernière séance, elle lâche : « Les témoignages des femmes sur ton site exposent des bénéfices énormes à leur travail avec toi. Moi je n’ai pas le sentiment d’avoir progressé tant que cela. »

Cette question me touche car elle fait écho au manque de confiance en elle pour lequel elle m’a contactée au début de notre aventure ensemble.

Si Pauline me décrit les étapes qu’elle a franchies, si elle est capable de nommer les prises de conscience et éclairages que son travail avec moi lui as apporté…

 

…elle ressent cette frustration de ne pas avoir « assez » progressé.

J’ai été très touchée par cette question, et aimerais partager avec vous quelques éléments de réponse, qui parleront je l’espère à toute personne qui s’engage dans un processus de changement et se voit déçue des résultats.

Chacune chemine avec ce qu’elle est au moment où elle entame ce processus de changement. 

Il est vrai que la majorité des femmes que je reçois s’engagent vite et pleinement dans le travail que je propose. Comme Audrey, par exemple, qui avait decidé de consacrer la moitié de son temps libre à ce travail, et a vite senti les fruits de ses expérimentations. Ou encore Laurence, qui m’a sollicitée par e-mail pour avancer et s’est mise au travail avant même la première séance.

 

Mais ce n’est pas le seul cas de figure.

Et les témoignages disent peu du processus que chacune traverse. 

Je peux vous parler de ces femmes pour qui le chemin ne prend pas la forme d’une autoroute bien fléchée.

  • Marine a mis du temps à s’approprier les outils de travail que je lui proposais.
  • Emmanuelle m’a donné la sensation d’avancer difficilement pendant les premières séances, puis a franchi un pas de géant juste avant la fin.
  • Adeline est arrivée bardée de peurs invalidantes, et qu’il a fallu travailler une à une avant qu’elle sente un changement dans sa vie.
  • Charlotte a résisté au début, car elle craignait de changer en profondeur.
  • Anne, elle, était ralentie par la peur de faire exploser son couple si elle acceptait de regarder vraiment en elle.
  • Mireille, qui semblait traverser cet accompagnement tout en retenue, m’a écrit, émue, les bénéfices de son travail de longs mois après la fin de l’accompagnement.

Je rappelle à Pauline que la phrase de son grand-père, dont elle dit qu’elle représente bien la culture dans laquelle elle a baigné enfant (« Ce qui compte dans la vie, c’est d’avancer, et de ne pas trop s’écouter, hein ! ») vient en contre-point de ce que je l’encourage à faire :

 

S’écouter, justement !

Non pas se regarder le nombril, non, mais écouter son corps, écouter son cœur :

  • Que me murmurent-ils de la direction que prend ma vie ? Ils savent tout des peurs qui me paralysent.
  • Que me disent-ils des choix que je peux faire pour vivre mes talents et mes forces en les offrant au monde ?

Une fois ce paradoxe nommé, il devient plus aisé pour Pauline de comprendre ses réticences et de sentir ce qu’elle peut s’autoriser à changer dans sa façon de se considérer elle-même. Ce qu’elle peut garder de sa culture et ce qu’elle veut remettre en question.

Ce qui est sûr, c’est que celles qui tirent les plus grands bénéfices des changements qu’elles engagent sont sûrement celles qui plongent dans l’aventure avec confiance et détermination. Traversant souvent des moments où elles perdent pied, se questionnant autrement, acceptant de prendre le risque de changer de regard sur leur monde et sur elles-mêmes.

À Pauline j’ai proposé de ne pas se reprocher ce qu’elle voit comme un manque de « performance », et, là aussi, avec un clin d’œil au grand-père, de se montrer indulgente avec elle-même.

Avez-vous remarqué comme, devant une mer froide, certaines se jettent à l’eau d’un coup, d’autres s’humectent méticuleusement la nuque, les coudes et le ventre avant d’y entrer, d’autres encore trempent l’orteil ou s’avancent dans l’eau par étapes, faisant une pause à chaque nouvelle partie du corps immergée ?

 

Il n’y a pas une « bonne » façon de se mettre à l’eau, il n’y pas une « bonne » façon de se mettre au travail.

À chacune de trouver son rythme, à chacune de s’interroger sur ses résultats, sur ses sensations, pour continuer d’avancer.

 

 

est psychologue clinicienne et art-thérapeute. Elle a travaillé pendant 20 ans auprès d’adultes et d’adolescents dans le monde judiciaire, médical et de la formation. En 2015 elle fonde majusteplace.com, et dédie son activité aux Wonder-women épuisées. Avec une méthode originale, elle les aide à la fois à renouer avec qui elles sont, et à réaménager concrètement leur vie de femme, épouse et mère pour retrouver plaisir et sens au quotidien . Elle travaille par Skype et aide des femmes dans toute la France et en Europe.

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